230 millions d’euros ! C’est ce qu’a déjà coûté à l’Etat français la prime à la casse mise en place en décembre 2008. Pour mémoire (et si vous n’en avez pas encore profité !), rappelons que ce dispositif consiste à verser 1 000 euros à toute personne mettant à la casse un véhicule de plus de dix ans contre l'achat d'un véhicule neuf émettant moins de 160 grammes de CO2 par kilomètre.
Depuis le 5 décembre 2007, il existait déjà une prime à la casse, baptisée (ironiquement ?) « super-bonus » : 300 € « récompensaient » en effet les automobilistes qui se débarrassaient d’un véhicule âgé de 15 ans ou plus.
Initialement, la prime à la casse devait prendre fin le 31 décembre 2009. Mais l’arrêt brutal de cette prime qui a déjà coûté 380 millions d’euros à l’Etat français (l’enveloppe budgétaire était de 220 millions !) aurait été lourd de conséquences pour notre industrie automobile.
La prime est donc maintenue en 2010, mais son montant va être progressivement réduit : le montant de la prime passera de 1 000 à 700 euros le 1er janvier 2010, puis à 500 euros le 1er juillet.
Prime à la casse : un arrêt qui angoisse !
Destinée principalement à soutenir l’industrie automobile et, sans doute plus accessoirement, à inciter les automobilistes à acheter des voitures plus « propres », la prime à la casse a été adoptée, avec quelques variantes mais avec le même succès, par de nombreux pays. Partout, on redoute aujourd’hui les conséquences de son arrêt brutal !
La France est loin d’avoir l’exclusivité de la prime à la casse ! De tous les pays européens ayant mis en place une mesure similaire, c’est l’Espagne qui a été la dernière en date à réagir. Et pourtant, il y avait urgence ! Depuis le début de la récession économique en 2008, les ventes de voitures neuves accusaient mois après mois des baisses de 30 à 50 % par rapport à l’année précédente au point d’amener les constructeurs à laisser planer la menace de fermer leurs usines. Précisons en passant que si l’Espagne ne possède plus aucun constructeur national (Seat est depuis longtemps déjà la propriété de l’Allemand Volkswagen), elle se positionne au troisième rang des pays producteurs d’automobiles européens.
Après plusieurs mois d’hésitations, c’est donc au mois de mai que le gouvernement espagnol s’est enfin décidé à instaurer la prime à la casse.
Pour bénéficier d’une aide de 2 000 € (1 000 € versés par les constructeurs, 500 € par le gouvernement et 500 € par les régions… qui ne sont pas toutes d’accord !), les particuliers ainsi que certains professionnels (travailleurs indépendants, PME) doivent mettre à la casse un véhicule âgé de plus de 10 ans et ne pas consacrer plus de 30 000 € à l’achat d’une nouvelle voiture.