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Auto Moto > Mitsubishi i-MiEV : la première "vraie" voiture 100 % électrique !
 
 

Voitures propres et de demain

 
 
Mitsubishi i-MiEV : la première "vraie" voiture 100 % électrique !
 
 
Accessibles aux particuliers à la fin de l’année 2010, la Mitsubishi i-MiEV a de fortes chances d’être la première voiture 100 % électrique que l’on pourra croiser dans les rues de nos villes. Les prémices d’une nouvelle ère automobile ?
 
 
 
 
Mitsubishi i-MiEV 1.jpg
La voiture électrique, cela fait bien une bonne dizaine d’années qu’on nous la promet pour demain ! Et depuis 10 ans, dans tous les grands salons, ces voitures électriques que l’on attend toujours sont de plus en plus nombreuses à « squatter » les stands de (presque) tous les constructeurs, le plus souvent hélas sous la forme de concept-cars irréalistes qui tiennent plus de la navette spatiale que de la vraie voiture.
Une vraie voiture, c’est très exactement ce qu’a voulu faire Mitsubishi avec sa i-MiEV (prononcez "aï-miv" !) afin qu’elle ne désoriente pas ses futurs conducteurs.
La i-MiEV est construite sur la base de la Mitsubishi « i », une petite citadine 5 portes, 4 places commercialisée au Japon depuis janvier 2006 et vendue au compte-gouttes dans quelques pays où l’on roule à gauche et où le volant des voitures est donc à droite.
 
 
 
 
Mitsubishi i-MiEV 12.jpg
Une architecture originale
Extérieurement, la i-MiEV est strictement identique à la « i ». Elle mesure donc 3,395 m de long, 1,475 m de large et son généreux empattement (distance entre les roues) de 2,99 m lui procure une habitabilité remarquable. Remarquable également, son architecture mécanique copiée sur celle de la « i ». Cette dernière dissimule en effet son petit 3 cylindres turbo de 659 cm3 entre les roues arrière et la banquette arrière, tandis que son réservoir se niche sous les sièges avant. La i-MiEV fait la même chose sauf que le réservoir est remplacé ici par une batterie constituée de 88 éléments lithium-ion regroupés dans 22 modules et l’ensemble moteur turbo / boîte de vitesses par un moteur électrique de 47 kW, sa transmission et un chargeur embarqué.
La i-MiEV n’apporte donc pas de changements significatifs à la plateforme de la minivoiture « i », ni à sa suspension. Cerise sur le gâteau, la version électrique voit même son centre de gravité abaissé de 70 mm grâce à l’implantation surbaissée de ses composants les plus lourds, autrement dit ses batteries. C’est tout bénéfice pour la maniabilité et la tenue de route de la i-MiEV qui, vu l’implantation de son moteur à l’arrière, est donc une propulsion (roues arrière motrices).
 
 
 
 
Mitsubishi i-MiEV 2.jpg
Une super « pêche »…
Le moteur de la Mitsubishi i-MiEV est un moteur synchrone à aimant permanent qui développe 47 kW (l’équivalent de 63 ch) et un couple de 180 Nm immédiatement disponible. A titre de comparaison, le 3 cylindres turbo de la Mitsubishi « i » développe exactement la même puissance mais son couple qui n’est que de 94 Nm au maximum ne « déboule » qu’à 3.500 tr/min ! Résultat, la i-MiEV La i-MiEV accélère de 0 à 80 km/h en 10,6 secondes (11,2 secondes pour la « i » turbocompressée) et couvre le 400 m départ arrêté en 20,6 secondes (20,9 secondes). En reprise, l’électrique surclasse carrément l’essence puisqu’elle passe de 40 à 60 km/h en 2,8 secondes (4,0 secondes pour la « i ») et de 60 à 80 km/h en 3,8 secondes (5,6 secondes pour la « i »). A toutes ces données constructeur s’ajoute une vitesse de pointe de 140 km/h que nous n’avons pu vérifier, notre court essai s’étant déroulé uniquement en ville et sur des « voies rapides » limitées à 70 km/h ! Un autre avant-goût du futur ?
 
 
 
 
Mitsubishi i-MiEV 9.jpg
… et une autonomie en relation directe avec votre pied droit !
Les batteries lithium-ion de la Mitsubishi i-MiEV possèdent une densité énergétique 3 à 4 fois supérieure à celle d’une classique batterie acide/plomb… ce qui ne les empêche pas d’avoir à être rechargée ! Deux possibilités sont offertes à la i-MiEV pour refaire le « plein ». Pour un chargement normal, il vous suffira de connecter le câble du chargeur fourni avec la voiture à une prise standard (220V). Le chargement commence alors automatiquement et s’arrête tout aussi automatiquement quand la batterie est complètement chargée, soit après 7 heures environ.
Pour un chargement rapide, la procédure est la même… à condition de trouver une borne de charge rapide ! Si vous avez cette chance, il suffira de 30 minutes pour recharger les batteries de la i-MiEV à 80 %. Une fois les batteries pleines (ou presque), à vous de jouer pour profiter des 140 kilomètres d’autonomie promis… à condition d’avoir le pied léger. Rassurez-vous, le i-MiEV invite naturellement à une conduite zen et de nombreuses aides au tableau de bord vont vous assister pour gérer au mieux le capital énergie dont elle dispose.
 
 
 
 
Mitsubishi i-MiEV 4.jpg
Silence, on roule !
La voiture que Mitsubishi met à ma disposition pour ce petit essai arrivant en droite ligne du Japon, son volant est à droite ! Les i-MiEV qui seront commercialisées fin 2010, ainsi que les Peugeot iOn (des i-MiEV simplement rebadgées) qui seront fabriquées sur les mêmes chaînes qu’elles, auront bien sûr le volant du bon côté.
Le petit coup d’œil jeté sur les places arrière en même temps que j’y jette mon blouson me permet de constater qu’il y a vraiment beaucoup de place pour les jambes des deux passagers.
Retour à l’avant où, en dépit de l’étroitesse de la voiture (1,475 m), il reste impossible de faire du coude à la charmante hôtesse chargée de m’initier aux mystères de ma petite japonaise dopée aux Watts. Des mystères qui n’en sont rapidement plus puisque le maniement de l’i-MiEV est carrément enfantin.
Après avoir effleuré un petit voyant orange au moyen d’une clé ressemblant furieusement à une petite prise jack, il suffit de tourner le contacteur placé sur la colonne de direction pour démarrer la voiture, ou plutôt voir s’allumer l’inscription READY sur le fond du compteur rond… qui n’est pas un compteur mais un indicateur de dépense d’énergie. Ce qui surprend le plus alors, c’est l’absence du moindre bruit d’origine mécanique et de la plus infime vibration.
Ensuite, il suffit de d’engager le levier (voulu strictement identique à celui d’une boîte automatique) sur « Drive » pour s’élancer avec une vigueur d’autant plus déroutante que le silence est toujours absolu.
Au feu vert, grâce à la totalité du couple de son moteur électrique immédiatement disponible, la i-MiEV est la reine des démarrages canons. Ensuite, elle se faufile avec aisance dans le trafic grâce à son incomparable souplesse et à son très court rayon de braquage.
La conduite de la i-MiEV devient vite un jeu… que l’on peut calmer en mettant le levier sur ECO. Ce mode restreint la puissance même quand la pédale d’accélérateur est fortement enfoncée, ce qui rend forcément la conduite plus économique. Le levier en position B, la récupération d’énergie au freinage est maximum ce qui accentue le frein moteur. Un mode qui, adopté dans de longues d’essence peut vous procurer la récompense suprême de voir une petite barrette s’ajouter à celles qui vous restent sur l’indicateur de charge.
Pour ma part, après un parcours d’une demi-heure environ, je n’aurai « consommé » qu’une seule des 16 petites barres de l’indicateur.
Le signe de charge résiduelle commence à clignoter quand l’indicateur se réduit à 2 barres.
Quand il tombe à zéro, un signe représentant une tortue apparaît et un système de sécurité est activé pour limiter la puissance du courant moteur. Si la climatisation est utilisée à ce moment, elle se coupera automatiquement… ce qui sera bien le dernier de vos soucis ! Car où ravitailler ?
 
 
 
 
Mitsubishi i-MiEV 5.jpg
Et après ?
Comme le soulignent les responsables de Mitsubishi, les constructeurs on fait leur travail en étant désormais prêts à mettre sur le marché des produits viables et fiables. C’est maintenant au tour de nos divers responsables (qui ne jurent plus que par la voiture électrique) de faire le leur en créant les infrastructures nécessaires. Des bornes dans les parkings souterrains ou dans la rue sur des emplacements réservés seront bien vite indispensables si on ne veut pas voir prochainement des dizaines de voitures électriques immobilisées, ne serait-ce qu’en raison d’encombrements plus denses ou plus longs que prévus.
Et pourquoi ne pas demander aussi aux pétroliers de piocher un peu dans leurs si confortables bénéfices pour ne pas équiper quelques unes de leurs stations de bornes de recharge rapides. Car même si le plus « éco-citoyen » des utilisateurs est peut-être prêt à faire chaque soir le plein de son auto en laissant pendre une immense rallonge depuis la fenêtre de son appartement, il lui restera toujours le même insoluble problème à résoudre… se garer juste en dessous de chez lui !
 
 
 
D. Allignol