Confortable en toutes saisons, économique à réaliser comme à vivre, la maison bioclimatique s’inspire de techniques ancestrales qui ont fait leurs preuves. Pour réussir dans leur entreprise, les particuliers peuvent s’appuyer sur un tissu associatif aux structures bien rôdées, animées par des formateurs compétents.
Choisir le terrain
Avant de se lancer, il faut trouver un site compatible avec le type de construction envisagé. Une étude géobiologique du terrain et de son environnement permet de définir la bonne implantation, d’orienter la maison en fonction des conditions climatiques locales.
Elle porte sur plusieurs points, principalement :
- le sous-sol (recherche d’une éventuelle source de pollution industrielle, agricole…) ;
- les influences telluriques (cavités, courants d’eau, failles…) ;
- l’analyse des champs électromagnétiques (antennes téléphoniques, lignes à haute tension, transformateur…) ;
- le choix des matériaux de construction.
Orienter au mieux la maison
Dans l’absolu, l’orientation idéale est au sud si la topographie le permet. On doit veiller à ce que le terrain soit dégagé dans cette direction afin de bénéficier pleinement des apports solaires en hiver. Par temps froid, tout obstacle (arbre, maison, relief…) au rayonnement solaire peut entraîner une surconsommation énergétique. L’été, la présence d’un débord de toit et d’un auvent évite les risques de surchauffe.
En zone urbaine, les possibilités sont toutefois plus restreintes qu’en rase campagne et il faut s’adapter au contexte environnant. On doit composer avec le voisinage et, donc, concevoir un schéma d’implantation qui tire le meilleur parti de la parcelle (situation, superficie).
Calculer la surface habitable
Une grande surface au sol multiplie les parois en contact avec l’extérieur. Conséquence, la maison est plus coûteuse à chauffer l’hiver et à climatiser l’été.
Une construction compacte (ce qui ne veut pas dire petite) limite les pertes calorifiques ou les apports non désirés de chaleur. Elle se conçoit en distribuant les pièces de façon à minimiser les couloirs, les dégagements qui occupent des mètres carrés utilisables ailleurs.
Organiser les espaces
La distribution des volumes s’élabore en fonction de la course du soleil.
- Les pièces de vie communes (salon, séjour) s’orientent de préférence au sud : de grandes surfaces vitrées, isolantes bien sûr, apportent un maximum de lumière naturelle et permettent d’économiser du chauffage grâce à leur inertie thermique.
- Les chambres et la cuisine se répartissent à l’est et à l’ouest pour profiter, selon le choix de chacun, du levant ou du couchant.
- Au nord ou nord-est, on crée des surfaces tampons en y implantant les pièces de service : atelier, buanderie, cellier, garage…
Matériaux et chauffage à privilégier
Si les conditions climatiques varient selon les zones géographiques, les principes de la bioconstruction peuvent s’adapter à chaque région.
Il s’agit de mettre en œuvre des matériaux naturels à forte inertie, capables de stocker la chaleur en hiver et d’apporter de la fraîcheur en été : ossature bois, béton de chanvre, terre crue, paille… pour ne citer que ceux-là.
D’un point de vue écologique, on privilégiera les productions locales présentant un faible bilan d’énergie grise (fabrication peu impactante sur l’environnement, transports réduits…).
Pour le chauffage, prime aux énergies renouvelables. Biomasse (bois, granulés…), géothermie, éolien, solaire sont aujourd’hui parfaitement maîtrisés et rentables. Les équipements ont beaucoup progressé, tant au niveau des chaudières et pompes à chaleur que des émetteurs : planchers chauffants, radiateurs, ventilo-convecteurs…
Quel budget ?
Une maison bioclimatique coûte en moyenne 1300 à 1500 €/m², hors taxe et hors terrain (source Fiabitat Concept).
Ce calcul est pour l’essentiel établi avec des matériaux écologiques, l’installation d’un chauffe-eau électrosolaire complété d’un chauffage au bois et d’une ventilation adaptée.
Si le matériau de base est la botte de paille (à recommander), le coût peut être abaissé à 800 €/m².