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Immobilier > L'isolation "verte" : de nombreux atouts, quelques lacunes
 
 

La construction

 
L'isolation "verte" : de nombreux atouts, quelques lacunes
 
 
Les produits d’origine animale et végétale constituent la principale alternative écologique aux isolants conventionnels. Bien que plus coûteux, ils répondent mieux aux enjeux environnementaux et sanitaires, en affichant des performances approchantes, voire supérieures sur certains points. Encore faut-il que ces données soient dûment certifiées, histoire de justifier la dépense.
 
 
 
 
Isolation verte © thieury - Fotolia.com
© thieury - Fotolia.com
Les isolants
« verts »
proviennent en majorité du règne végétal. Ce sont :
  • le chanvre ;
  • le coco ;
  • la fibre de bois ;
  • le liège ;
  • le lin ;
  • et la ouate de cellulose.



Le monde animal donne essentiellement les laines de mouton et de plume. Ces différents matériaux se distinguent par leur faible impact environnemental, tout au long de leur cycle de vie, et leur innocuité à l’usage.

En comparaison, les isolants synthétiques sont issus d’une industrie hautement polluante (la pétrochimie) et émettent, de façon durable ou sous une forte chaleur, de faibles quantités de gaz toxiques (pentane, styrènes…). Lesquels s’avèrent d’une extrême dangerosité en cas d’incendie. Les laines minérales sont à cet égard plus sûres, quoique très irritantes à manipuler et à respirer.

Que dit la concurrence ? Pour contrer la montée en puissance des matériaux verts, les fabricants d’isolants industriels soulignent qu’ils font l’objet d’une transformation comme tout produit manufacturé. Leur fabrication intègre parfois des liants synthétiques et, souvent, un traitement insecticide, antifongique et/ou ignifugeant.
Se pose donc la question du caractère écologique des additifs utilisés : fibres polyester thermofusibles, sel de bore, urée de synthèse (type Mittin FF) pour les plus courants.
 
 

 
 
Premier critère de choix, le pouvoir isolant est caractérisé par deux indices : le coefficient de conductivité et la résistance thermique.

Le coefficient de conductivité, ou lambda, est une valeur formelle exprimée en W/m.K ou W/m.°C.
Plus lambda est bas et proche de celui de l’air (0,024), plus le matériau a un potentiel isolant.
Avec un lambda variant en moyenne de 0,035 à 0,048, les isolants verts se situent au niveau du polystyrène expansé et des laines minérales.
Seuls le polyuréthane et le polystyrène extrudé sont au-dessus du lot : 0,025 et 0,028.

La résistance thermique R dépend de l’épaisseur du matériau rapportée à son lambda. Mesurée en m2.K/W ou m2.°C/W, le calcul s’effectue comme suit : R = e (en m)/lambda.
À l’inverse du lambda, plus R est élevé, plus l’isolation est efficace.

À vérifier : concrètement, le meilleur indice de comparaison est la valeur R figurant sur l’étiquette des isolants. Les chiffres fournis par les fabricants sont d’autant plus fiables qu’ils sont validés par des avis technique du CSTB…
 
 

 
 

Pour juger des performances d’un isolant dans le temps, les propriétés thermiques ne suffisent pas. D’autres paramètres sont à prendre en compte, telles la capacité hygroscopique et la stabilité dimensionnelle.
Sur ces deux points, les isolants verts font la différence. Excellents régulateurs d’humidité, ces matériaux « respirants » favorisent les transferts de vapeur d’eau en préservant le bâti. Cette caractéristique naturelle assure une qualité optimale de l’air intérieur, en évitant les désagréments dus à une humidité excessive ou à un climat trop sec. De plus, elle permet de résister aux phénomènes de tassement qui, notamment, diminuent au bout de quelques années les performances thermiques des laines minérales.

 
 

 
 
En France, la certification Acermi est incontournable pour choisir des isolants en connaissance de cause. Délivrée par un organisme indépendant, elle s’appuie sur des essais effectués en laboratoire (CSTB, Centre CEMATE…) et sur des contrôles périodiques en usine. Les critères retenus prennent en compte les spécifications des normes européennes harmonisées EN 13 162 à 172.

Au delà de l’aspect purement technique, cette certification permet d’obtenir une garantie décennale, nécessaire en cas de sinistre par exemple. Là, les isolants écolos sont à la traîne par rapport à leurs concurrents.
Ne sont actuellement certifiées Acermi que six références de fibre ou de laine de bois, plus une dédiée au liège expansé (liste consultable sur www.acermi.cstb.fr). Pour les autres, on doit se contenter des données de fabricants.

La caution européenne : le label Natureplus®, adopté par une dizaine de pays de l’UE (France non incluse), atteste des qualités environnementales et sanitaires des matériaux de construction et d’isolation. Il fait pendant à la certification Euceb, qui définit le caractère cancérogène ou non des fibres minérales.