Notre dossier : Chiens de berger

 

Comme son nom scientifique l’indique, le Canis Lupus Familiaris n’est autre qu’une sous-espèce domestique de loup. Nous le connaissons mieux sous le nom de chien, dont certaines races sont aujourd’hui bien loin de leurs ancêtres. Cependant, d’autres sont restées beaucoup plus proches de leurs cousins sauvages.

 
 
 
chien loup
© fundycreation

Ces chiens sont issus du croisement entre chien et loup. Aujourd’hui, il n’existe que deux races de chiens-loups reconnues par la Fédération Cynologique Internationale : Le chien-loup tchécoslovaque et le chien-loup de Saarloos. Deux races reconnues mais qui restent relativement confidentielles en France.

 

Le chien-loup tchécoslovaque

Il est issu du croisement entre un berger allemand et une louve des Carpates. Un croisement initié par les militaires tchécoslovaque pour obtenir des chiens de guerre et de garde plus robustes et plus résistants.

 

C’est en partie son physique, très semblable à celui du loup, qui fait le charme de cette race. Très élancé avec des oreilles droites et triangulaires, il se déplace avec une démarche très élégante. Le mâle mesure au moins 65 cm au garrot pour un poids minimum de 26 Kg. Les plus petites femelles feront quant à elles 60 cm au garrot pour un poids d’une vingtaine de Kg.
Semblable à celle du loup, la robe du chien-loup tchécoslovaque est droite, adhérente et pourvu d’un sous-poil fourni en hiver. Sa couleur varie du gris jaune au gris argent, comme chez son cousin sauvage. Enfin, on relève la présence d’un masque plus clair que le reste du pelage qui souligne l’expression.
Ce sont des chiens relativement robustes qui peuvent vivre jusqu’à 13 ans en moyenne.

 

Le chien-loup tchécoslovaque a hérité du loup quelques traits de son caractère. En effet, comme son cousin sauvage, il est d’un naturel méfiant. Cependant, il est d’une loyauté et d’une fidélité à toute épreuve lorsqu’il s’agit de sa meute et en particulier de son maître. En effet, il possède un sens aigu de la hiérarchie et identifie son maître comme son référent, son chef de meute, un substitut de mal alpha. Il a également conservé un fort tempérament propre à ses origines sauvages. C’est un animal fier, qu’il faut respecter avant de pouvoir obtenir quoi que ce soit de lui. Ce fort tempérament en fait un chien difficile à éduquer. Comme le loup, il a conservé un fort instinct de fuite ce qui fait de lui un très mauvais chien de garde ou d’attaque qui n’engagera le combat que s’il ne voit absolument aucune autre alternative.
Il s’agit d’un chien intrépide, courageux, réceptif et endurant. Il est bien plus intelligeant que la plupart des chiens, ce qui le rend d’autant plus difficile à éduquer.
Très actif, cet animal nécessite une présence permanente et a besoin d’une activité physique quotidienne et d’espace pour se dépenser. Etant à l’origine un animal de meute, la socialisation est une notion très importante pour le développement d’un chien-loup tchécoslovaque. Il a besoin d’être entouré en permanence et d’avoir de nombreuses interactions avec son maître et les autres membres de la famille.
De par son fort caractère, c’est un animal qui nécessite une éducation ferme et poussée ne convenant pas à des novices en matière d’éducation canine.

 

En outre, le chien-loup tchécoslovaque est un animal hors du commun. Avoir un tel animal change la vie, d’une part à cause du caractère fusionnel de la relation qui existe entre le chien et son maître mais aussi car il représente beaucoup de contraintes et de sacrifices. Pas question de le laisser seul toute une journée pour aller travailler ou faire des courses, difficile de partir en vacances… La meute, composée au minimum du maître et de son chien, doit rester groupée.

 

Il est aussi à noter que la race est assez récente puisqu’elle ne date que des années 50. Le caractère du CLT n’est donc pas encore bien fixé et certains individus se montreront dociles alors que d’autres seront agressifs.

 

Chien-loup de Saarloos

Il est physiquement assez proche de son cousin tchécoslovaque. A la différence de ce dernier, le Saarloos est issu du croisement entre le berger allemand et le loup européen. Sa robe est la même que pour le CLT avec une différence de couleur cependant. En effet, un Saarloos peut être gris-loup, comme un CLT, mais aussi brun de foret et de crème blanchâtre claire à blanc.
L’espérance de vie d’un Saarloos est légèrement inférieure à celle d’un CLT, 11 ans en moyenne.

 

Contrairement au chien-loup tchécoslovaque, le Saarloos n’est pas un chien de travail. Il n’a pas besoin de beaucoup d’activité physique alors que le tchécoslovaque ne tient pas en place si son énergie n’est pas canalisée. Le Saarloos est lui aussi un animal très hiérarchique et entretient également une très forte relation avec son maître. Il est cependant bien plus calme et affectueux et bien moins indépendant que le CLT. Un CLS est un vrai chien de compagnie et se montre relativement docile avec les enfants. Comme le CLT il a d’importants besoins d’ordre sociaux, cependant, ses relations passeront d’avantage par le contact physique et les caresses que par des jeux ou des activités physiques comme pour le tchécoslovaque.

 

Bien que physiquement et génétiquement très proche du chien-loup tchécoslovaque, le Saarloos a un mental bien différent, relevant d’avantage de celui d’un chien de compagnie que de celui d’un chien de garde ou de travail, des rôles pour lesquels il n’est, de fait, pas adapté. Mais si ce mental ne le prédispose pas au travail et à l’obéissance, il lui permet d’être un chien de compagnie exceptionnel, intelligeant, fidèle et très proche de son maître.

 

Alors, si vous êtes sûr d’avoir le temps, la patience et l’amour suffisant pour élever un chien-loup, il ne vous reste plus qu’à faire votre choix entre Saarloos et tchécoslovaque.

 

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