Un bridage castrateur… mais pas trop !
Revu en profondeur (pistons en alliage d’aluminium, soupapes en titane, doubles injecteurs, revêtement antifriction sur les cylindres et les segments, taux de compression qui passe de 11 à 12,5/1…), le quatre cylindres en ligne de l’Hayabusa gagne 42 cm3 (1.340 cm3 au lieu 1.298) grâce à une augmentation de son alésage et voit ainsi sa puissance passer de 175 à 197 ch.
Mais si cela est vrai dans tous les pays européens ainsi qu’aux Etats-Unis où il se vend plus de 9.000 Hayabusa chaque année, il n’en est pas de même chez nous où il faudra se contenter des 106 ch réglementaires et d’une vitesse de pointe de 280 km/h environ au lieu de 320 ce qui constitue un plus indéniable pour la sécurité, vous en conviendrez !
Allez, on se console vite en constatant que le bridage de l’Hayabusa n’a rien de catastrophique tant le couple maxi de son moteur reste énorme, même s’il passe, toujours à cause du bridage, de 15,8 mkg à 7.200 tr/min à 13,1 mkg à 4.700 tr/min.
Dès le contact mis, le gros 4 cylindres vous régale d’une sonorité lourde de sous-entendus, basse et rauque à la fois mais étonnamment discrète.
Sur son ralenti, l’Hayabusa ne risque pas de réveiller le voisinage et c’est tant mieux. Lourde à relever de son unique béquille latérale, la moto Suzuki se fait ensuite étonnamment légère dès la première engagée. Mais avant de prendre la route, il faut se familiariser avec une position de conduite nettement typée sport. En dépit de mes 1,80 m, je dois sérieusement me pencher en avant pour aller chercher le guidon. Voilà qui génère une position en appui sur les poignets, ce qui n’est pas l’idéal pour les roulages citadins accomplis à faible allure.
Heureusement, la douceur des commandes, l’onctuosité du moteur et la précision du sélecteur de vitesses facilitent grandement la prise en main de ce gros engin (265 kg tous pleins faits) pour qui, vous l’aurez deviné, la ville n’est pas le terrain de jeu idéal.
En excellente sport-GT qu’elle est, l’Hayabusa préfère les grands espaces. D’ailleurs, dès que la vitesse augmente un peu, la pression de l’air sur le buste permet de soulager les poignets et la position de conduite qui n’est tout de même pas si radicale que ça devient parfaitement supportable pour envisager de longues étapes.