Une parfaite alliance de souplesse et de vivacité
Au final, sitôt donné le premier coup de démarreur, le bicylindre de la Gladius vous réjouit de la sonorité rauque qui émane de son curieux pot d’échappement, puis vous enchante dès les premiers tours de roue par sa souplesse et par son allégresse à monter dans les tours. Même sur le sixième rapport d’une boîte aussi douce que précise, il accepte de repartir sans à-coups dès 1 500 tr/min pour grimper sans faiblir jusqu’à 10 500 tr/min. Un tel caractère moteur permet déjà à la Gladius de convenir aussi bien au motard débutant qu’au motard confirmé. Le premier enroulera gentiment sur le couple tandis que le second profitera de la rapidité de la boîte et de son bon étagement pour se maintenir juste au-delà des 6 000 tr/min, seuil à partir duquel la poussée se fait un peu plus franche encore.
Une position de conduite naturelle
Pour exploiter le potentiel d’un tel moteur, il faut une partie-cycle à la hauteur. Et de ce côté-là, la Gladius tient aussi toutes ses promesses. La selle qui ne culmine qu’à 785 mm est suffisamment étroite dans sa partie avant (merci aux échancrures du réservoir) pour permettre aux moins de 1,65 m de se sentir à l’aise en toutes circonstances et notamment lors de manœuvres à basse vitesse. J’avoue ne pas avoir été gêné par mon 1,80 m, mais les grands gabarits qui auraient peur de se sentir un peu à l’étroit pourront toujours s’offrir la selle haute (+ 2 cm) disponible en accessoire.
Ne quittons pas le chapitre ergonomie pour saluer l’efficacité des rétroviseurs qui, pour une fois, ne permettent pas de s’admirer les avant-bras !
Beaucoup moins penché vers l’avant que sur la majorité des roadsters actuels et beaucoup, beaucoup moins en appui sur les poignets que sur une Ducati Monster grâce à un guidon généreusement cintré, le pilote profite d’une position de conduite naturelle et décontractée. Tout serait parfait si la selle était moins dure ! Pour limiter le nombre des pauses sur de longs trajets, à vous de faire coïncider les premières douleurs dans les fesses avec l’allumage du voyant de passage en réserve qui, à un rythme tout juste enlevé, se met à clignoter au bout de 150 kilomètres. L’agréable étroitesse du réservoir se paie hélas par sa contenance limitée.