
Attaché de presse surnommé “Le colonel” pour son côté rigoriste, animateur radio et télé, auteur de nombreux livres et biographies, Fabien Lecœuvre s’est imposé comme un personnage incontournable du monde médiatique, qui n’a de cesse depuis de défendre et d’œuvrer pour le respect et la pérennité de la chanson populaire.
Nous avons suivi pendant vingt-quatre heures celui dont le magistère et la connaissance in partibus qu’il exerce sur le royaume de la chanson n’est plus à prouver…

8h30
Fabien Lecoeuvre dort peu, se lève tôt et officie dans son bureau cossu, proche de l’Étoile, tapissé de disques d'or de ceux dont il s'est occupé...

12h30
Pause déjeuner.

14h00
La radio, une des passions de Fabien Lecoeuvre.

15h00
Direction la radio à France Bleu où il est chroniqueur pertinent et impertinent, les samedis et dimanches de 14h à 16h avec Serge Poezevara et Danielle Moreau.

16h45
Petit brief sur les activités de sa petite entreprise qui ne connaît pas la crise avec son collaborateur Laurent Abrial.

17h30
En loge, avec Isabelle Morizet, où ils se répartissent les rôles avant l'enregistrement des Années bonheur.

19h30
Dernière relecture de ses fiches et concentration dans sa loge avant l'enregistrement des Années bonheur.

19h45
Moment de complicité volé en loge avec Bobby Farrell des Boney M.

23h15
Détente et relâchements en loge avec Patrick Sébastien après l'enregistrement des Années bonheur, et deux jours de préparation et de répétitions.
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INTERVIEW
Propos recueillis par Dominique Parravano

Vous êtes attaché de presse, animateur, chroniqueur et auteur de nombreux livres. Comment concilie-t-on autant d’activités ?
C’est une question d’organisation, de bonne gestion du temps car j’ai la chance de dormir peu et surtout de passion.
Cette passion qui vous anime, à quoi est-elle due ?
Ma passion est avant tout celle de ce métier, des artistes et de leurs psychologies. J’aime les drames qui se cachent derrière chaque artiste. Car, derrière chaque artiste se cache l’histoire d’une revanche.
Vous êtes désormais médiatisé. Vous avez une certaine fibre artistique. Avez-vous une revanche en ce qui vous concerne ?
Bien sûr. Je fais ce métier car mon père m’interdisait de regarder la télévision et notamment les grandes émissions de variétés. Il me disait toujours : « C’est pas avec ça que tu gagneras ta vie ! ». Je suis devenu médiatique par accident grâce à mes livres et à ma connaissance de ce milieu mais j’ai toujours voulu être une personne de l’ombre.
Aujourd’hui, comment expliquez-vous le succès de la déferlante musicale des commémorations nostalgiques, si ce n’est par l’indigence de la création artistique du moment ?
On en a encore pour au moins deux décennies. Cela correspond à l’époque. C’est un gigantesque inventaire car je pense que la chanson française est dans l’état où était l’opéra en 1910. C’est cyclique. Depuis 1930, tout a été fait en musique. Il faut qu’on invente une autre musique que le rock. Même la nouvelle génération fait de la nostalgie déguisée. D’ailleurs, beaucoup ont fait des reprises. Toutefois, je pense que cela va aboutir sur un vrai renouveau.
Quel regard portez-vous sur le paysage musical actuel ?
Grâce à des personnalités comme Pascal Nègre, je trouve qu’il y a une résistance qui s’est organisée pour sauver l’industrie du disque.
Pascal Nègre, dont certains disent au contraire qu’il a participé à tuer l’industrie du disque…
Je ne le pense pas. C’est un très grand patron de maison de disques. Et, je pense que Johnny s’est perdu en le quittant.
Derrière chaque artiste se cache l'histoire d'une revanche...
Regrettez-vous une époque où souvent le mot populaire est considéré comme un “gros mot” ?
Oui, c’est grotesque et ridicule et c’est un trait marquant d’une élite parisianiste. La chanson populaire est honorable et de qualité. Isabelle Aubret qui chante Ferrat, c’est populaire et de très belle facture. Je fais une émission populaire Les années bonheur avec Patrick Sébastien et j’en suis fier car c’est un très grand producteur de télé qui fait de la télévision pour ceux qui la regardent et qui connaît la France. L’émission Chabada de Daniela Lumbroso, excellente journaliste au demeurant, me consterne. Faire chanter des chanteurs sur un pauvre divan autour d’un tapis persan le dimanche après-midi est affligeant. On se croirait au Cercle de minuit ! Quand on sait que le conseiller artistique de l’émission vit entre Neuilly et l’hôtel Costes et ne connaît même pas Marcel Amont, c’est non seulement un scandale mais c’est la mort du métier !
Un autre trait marquant de l’époque est que de plus en plus d’artistes ne chantent plus leurs succès sur scène ou les réenregistrent en duos…
C’est vrai. Aller voir Nicolas Peyrac et attendre près d’une heure avant d’avoir un succès m’interpelle, Gérard Lenorman qui ne chante pas entre autres le Gentil dauphin triste ou qui fait Voici les clés et La ballade des gens heureux en version reggae me consterne ou Eric Charden qui massacre Le monde est gris, le monde est bleu en chantant mal et en se prenant pour Léo Ferré m’attriste. Le jeunisme imbécile est une maladie qui touche beaucoup d’artistes.
Enfin, quels sont vos projets ?
Je sors un livre-objet sur Mike Brant qui était un être drôle, attachant et n’était pas que l’enfant de la Shoah. Il méritait un livre. Je suis très lié avec Yona, sa nièce, la fille de Zvi Brant, son frère. C’était un grand artiste et les vrais grands artistes ont tous un destin. En outre, je vais publier fin novembre une compilation des plus grandes chansons françaises avec l’histoire desdites chansons.
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Il s'est occupé des plus grands...

Avec Polnareff, intime et complice.

Complicité et tendresse avec Sylvie Joly, facétieuse.
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SES ACTUALITÉS

TÉLÉVISION
Les Années bonheur, diffusé sur France 2 à 20h35. Une fois par mois.
Prochaine diffusion : le 7 novembre.
RADIO
Le samedi et le dimanche de 14h à 16h, animé par Serge Poezevara, avec Danielle Moreau (Rediffusion le samedi et le dimanche soir de 22h00 à minuit). France Bleu 107.1
LIVRES
Petites histoires et grandes chansons, éditions du Rocher.
Mike Brant, dans la lumière, éditions du Marque Pages.
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